LES JUIFS DE KIPPOUR

Pour se distraire un peu d’une actualité morose avant le shabbat 
 
Chacun sait que Kippour, est le seul jour de l’année où les synagogues sont pleines à craquer. 
A Béziers, nous avons eu 2 « juifs de kippour » bien surprenants. 
Le premier nous a déclaré « Dans la tradition juive, on appelle juif de kippour, un juif qui se rend à la synagogue uniquement le jour de kippour. Et bien aujourd’hui, je me sens un juif de kippour ! ». Cette déclaration n’aurait eu en soi rien d’étonnant, n’était la personnalité de celui qui se trouvait, ce jour-là, sous la kippa, le père Lucas Lambert, chargé des relations judéo-chrétiennes à Béziers, que nous saluons bien amicalement. 
Le deuxième « juif de kippour », si l’on peut dire, était encore plus surprenant. Il s’est présenté le matin à notre porte en déclarant « J’ai appris que vous faisiez visiter, vous pouvez me guider ? ». Très gentiment, Elisheva, (qui par chance ne faisait pas le jeûne de la parole), lui a répondu qu’en ce jour de fête solennelle il n’y avait pas de visite guidée, et qu’il veuille bien reprendre contact avec nous ultérieurement. 
Quel était réellement le sens de sa démarche ? Etait-ce uniquement, comme aurait dit Edmond Rostand « Ce monument, quand le visite-t-on ? » (Ne voyez aucune allusion dans la « tirade des nez…), avait-il juste besoin d’un « petit guide à l’usage des égarés » avec présentation de l’hôtel de Cassagne, les jours et heures de visite et les coordonnées de l’association Mémoire Juive de Béziers ? Etait-il plutôt « en mode » Montesquieu dans les Lettres persanes, « Comment peut-on être juif ? », ou encore en quête de ses racines, ou d’une recherche spirituelle ressortant davantage du Guide des égarés du grand Maïmonide ? Je ne sais, mais quoiqu’il en soit, j’ai aimé nos deux « juifs de kippour », car quelle que soit leur motivation, « celui qui croyait au ciel », et celui qui n’y croyait peut être pas, ont fait chacun un pas, petit, sans doute, au moins pour l’un d’eux, mais un grand pas vers la Fraternité.